À peine un papillon est-il né qu'il essaie ses ailes. Son
premier mouvement est celui qui le plonge ivre mort vers l'azur


Réjean Ducharme
L'Avalée des avalés

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lundi 1 novembre 2010

 
Un lutteur qui meurt c'est comme un auditorium de Verdun qui brûle.




In memoriam Édouard Carpentier (en interviewer dans le vidéo)


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samedi 7 août 2010

Voisin

Tiens, mon voisin est encore parti faire un tour de machine pour une couple de jours.  Y'a viré ses chaises de patio à l'envers au cas où une tempête d'encre indélébile s'abattrait sur Montréal.  Quand on aime ses chaises, on fait tout pour les protéger.  C'est sa compagnie d'assurance qui va être contente...

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mercredi 14 juillet 2010

De l'anti-Ismâlisme

L'Assemblée nationale française a adoptée mardi, en première lecture, le projet de loi qui interdit le port du voile intégral (burqa) dans l'espace public.
L'article 1 de ce projet de loi stipule que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ".


Tiens, ça m'inspire.  Pour rétablir l'équilibre, je pars une nouvelle religion et j'ai nommé l'anti-Ismâlisme.  Le mâle couvert des pieds à la tête suivra comme un tit-chien-chien sa femme en jupe courte, les cheveux au vent et le décolleté plongeant.  Les préceptes de l'anti-Ismâl interdisent aux hommes de s'adresser directement à des femmes.  L'épouse devra servir d'interprète pendant que ce dernier regardera par terre en faisant une gueule de martyr maboul.  L'épouse sort régulièrement dans des bars, fume du hash, mâche du khat et drague un nombre max de queues par soir après quoi elle entre à la maison pour foutre une râclée au bonhomme qui a osé aller se coucher sans faire la vaisselle.
L'homme répétera à qui mieux mieux "mais c'est mon choix, c'est moi qui veut me couvrir des pieds à la tête par respect pour Mouàmettre, notre chef religieux"


etc...


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mardi 13 juillet 2010

L’araignée de Patrice Desbiens







Spontanément, mon index s’est approché de la pauvre victime innocente qui marchait sur le reflet de mon nez, dans le miroir.  Plouche. Écrapou.  « Bien fait pour toi, t’avais juste à pas te trouver là ». 
Et puis, prise de remords, je me suis interrogée sur ce geste.  En quoi la pauvre petite bête d’un millionième de millimètre peut présenter une telle menace que je doive à tout prix l’exterminer, du haut de ma toute puissance?   
Pi v'là un poème de Patrice Desbiens pour célébrer ma bêtise :

L’Araignée

Sans y penser
j’écrase une araignée
près du panier
de linge.

L’âme de l’araignée
monte dans ma jambe
et
meurt sur mon cœur.

Il va pleuvoir sur
ma parade.


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vendredi 9 juillet 2010

Fugit

Elle vit maintenant en Indonésie.  On a partagé de belles années dans la vingtaine, trois étudiantes en sciences humaines.  Je cumulais des certificats en arts, elle lisait sans relâche tandis que D. essayait de comprendre ses statistiques.  Elle me parle de ses années vécues à l'étranger, me dit son âge et me renvoi le mien au retour du boomerang, comme si je sortais d'un long coma qui durait depuis 1989.  Le réveil, il y a moins de deux heures au coin de la rue St-Laurent où on se croise par hasard, à deux pas de cet appartement immense où nous nous sommes gavées de soupes Ramen et de reggae dance hall.
Je me croyais éternelle, je ne le pense plus.  Le temps ne fige pas, il se glisse derrière nous et nous crèverons un jour dans ses bras, vidées de notre sève, ridées, courbées, meurtries, ignorées.
S'il s'écoule autant d'années avant que je ne la revoie de nouveau, elle me parlera alors de ses petits-enfants. Ça me fait mal là, en plein milieu...

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lundi 28 juin 2010

Plumes à poil

Pour capitonner son nid, un oiseau est venu ramasser sur le balcon le tas de poils de chat, abandonné au sol après le nettoyage de la brosse. Qui lui dira qu’à chaque soir, il couche avec l’ennemi.


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